31/05/2017

Moralisation de la vie politique et le sexe des anges

Quelle relation peut-il y avoir entre la moralisation de la vie politique et le sexe des anges ? A priori, aucun. Sauf qu'à une certaine période de l'Histoire, on a discuté pour savoir si les anges avaient un sexe. Autant dire qu'on a ergoté pour pas grand chose. Or, depuis le pénélopegate et la sortie de François Fillon par la petite porte, il semble se passer la même chose. Le lanterneau politique n'a plus que le mot moralisation de la vie publique à la bouche. L’élection d' Emmanuel Macron est en partie dû à cela. 

Il l'avait promis avec lui, les hommes politiques seraient blancs comme neige. Et s'ils ne le sont pas ils devront en rendre compte à la justice ou devant les électeurs.

Les longues heures pour constituer son gouvernement avaient pour but d'éviter que des brebis galeuses ne viennent s'immiscer dans le troupeau. Patatras ! Voilà qu'on apprend par le Canard Enchaîné que Richard Ferrand, ministre de la cohésion des territoires aurait péché. Oui il y aurait eu conflit d'intérêts, lorsqu'il était chargé de mission auprès des Mutuelles de Bretagne, alors même qu'il était député du Finistère dans une sombre affaire immobilière où se mêlent famille et argent. L’intéressé dément. Pour l'heure, il conserve le soutien et du président Macron et du premier ministre Philippe. Avouez tout de même que cela la fiche mal, surtout pour un gouvernement qui faisait de la moralisation en politique son cheval de bataille. Et comme pour ne rien arranger, une députée européenne du Front National, Sophie Montel a donné une liste de 19 euro-députés qui ne seraient pas tout blancs non plus. Et parmi eux, il y a notre ministre aux affaires européennes, Marielle de Sarnez. Cette dernière a décidé de porter plainte.
Malgré tout, ces affaires interviennent dans un contexte où les français, demandent beaucoup à leurs élus. A l'heure des réseaux sociaux et de l'internet, tout se sait en moins de deux pour le dire. Ce qui était supportable il y a quelques années, ne l'est plus aujourd’hui.

Sur une chaîne d'information en continue, Guillaume Durand, commentant ces affaires, disait que nous étions passé d'une politique française à caractère catholique où la vérité n'est pas essentielle, à un politique à l'américaine à dominante protestante, voire puritaine où la vérité doit l'emporter, quelque soit les conséquences. Nous y sommes et ce n'est pas tant les français qui le demandent, que les médias, nouveaux censeurs qui scrutent le moindre faux pas.

Il faut se méfier de la recherche de pureté à tout prix en politique. On sait ce que cela a donné par le passé. Qu'on pense à St Just, surnommé "l'archange de la terreur", qui cherchait toute tache de contre-révolution parmi ceux qui l'entouraient, afin de les envoyer à l'échafaud et Robespierre,appelé l'incorruptible. Plus près de nous, il y eu la révolution bolchevique et le régime de Pol Pot. Nous n'en sommes pas là bien sûr, mais les mots peuvent détruire aussi bien qu'un fusil ou une guillotine. Emmanuel Macron, semble être pris à son propre piège. Les hommes qui ont fait l'Histoire avec un grand "H", n'ont pas été des anges, loin de là. Qu'on pense à Alexandre le Grand, Jules César, Clovis, Charlemagne, Richelieu ou bien encore plus près de nous, un Charles de Gaulle. Tous, sans exception se sont salis les mains pour gouverner.

L'angélisme en politique n'existe pas ou alors, il faut se faire moine. C'est ce qui est arrivé au dernier des Bourbon qui a préféré sacrifier un trône à ses principes, ce qui fit dire à Maurras: "Il a été prêtre et pape de la royauté plutôt que roi". 

Il va sans dire que nos élus doivent être irréprochables sur le plan pénal, mais de grâce, ne cherchons pas à tout prix à ce qu'il ressemblent à des anges.

Qu'Emmanuel Macron, n’imite pas le comte de Chambord, mais bien plutôt Louis XIV ou encore Bonaparte. C'est le conseil que je pourrais lui donner si je puis me permettre.

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