16 mai 2017

Nation ou patrie ?

Lors des dernières élections, nous avons entendu souvent parler de nation, nationalisme, souverainisme, mais également de mondialisme.
Un terme en était presque absent, celui de patrie.

Alors quelle est la différence entre nation et patrie ? Ces mots sont-ils synonymes ou non ?

Commençons par définir ces deux termes. Nation, vient du latin natio qui dérive du verbe nascere qui signifie naitre. Chez Cicéron, natio, désigne une peuplade, un peuple .

Dans les différents dictionnaires nous pouvons lire que la nation est un ensemble de peuples, vivants sous les mêmes lois et sur un territoire bien défini.

Au sens moderne , le mot nation à une signification à dominante politique. Depuis le siècle des lumières et particulièrement depuis la révolution française, la nation et le peuple souverain  se confondent. Sous la plume des philosophes, cette dernière devient l'expression politique du peuple.

De la gauche, l'exaltation de la nation, glisse peu à peu vers la droite. Au XIXe et XXe siècles, les différents courants de la droite se l’approprieront. Le mouvement de l'Action Française, d'abord républicain, devient royaliste sous l'influence de Charles Maurras, mais son slogan sera (et est toujours) celui-ci: "Tout ce qui est national est nôtre". D'ailleurs ce dernier, définira la royauté et le royalisme comme étant un nationalisme intégral.

Au siècle dernier, le fascisme en Italie et la national-socialisme en Allemagne, déifieront même la nation et apparaîtra le terme de nationalisme, o`u cette dernière et le peuple deviennent un bloc inséparable. C'est ce qui poussera le pape Pie XI a condamner à la fois le nazisme et le mouvement de l'Action Française, bien que le Souverain Pontife (et votre serviteur), ne mette pas sur le même plan ces deux courants.

De nos jours et aux yeux de ceux qui nous gouvernent, le nationalisme est le péché mortel de notre république et de ses valeurs. C'est le mot que l'on met à toutes les sauces pour effrayer les français.

Et la patrie, alors ?

Ce mot désigne étymologiquement le pays des pères.  C'est le lieu o`u l'on a ses attaches familiales et/ou sentimentales. Le patriotisme est depuis 1750, un attachement sentimental et charnel à la patrie.

Dans son dictionnaire de la philosophie, Voltaire définit la patrie comme: " composée de plusieurs familles et comme on soutient communément sa famille par amour-propre,lorsqu'on a pas d'intérêts contraires, on soutient par le même amour-propre sa ville, son village , qu'on appelle patrie".

Avant la révolution française, la patrie est donc l'ensemble de familles, de villes et de villages qui la constitue. A partir de 1789 et surtout après la chute de la monarchie, la patrie et la nation, semblent se confondre en tout cas dans les mots. Patriote, c'est donc être républicain. Et comme pour la nation, après la défaite de 1871, le terme de patrie, passe dans le camp de la droite.

Qu'en est-il donc aujourd'hui ?

Il me semble que la patrie est moins connotée que celui de nation, de même que le patriotisme est moins péjoratif que le nationalisme. Ne parle t-on pas de patriotisme économique et pas seulement dans les milieux de droite ?  Arnaud Montebourg, en d'autres temps, s'en était fait le chantre.
De nos jours, le nationalisme semble laisser la place au populisme. Ce mot, vient pourtant de celui de peuple et devrait réjouir nos républicains, puisque nos institutions sont fondées sur la souveraineté populaire. Mais le peuple, gouverne t-il encore ? Je vous laisse en juger.

En ce qui concerne votre serviteur, je préfère le terme patrie à celui de nation. Pour moi, le premier exprime davantage le lien qui existe entre un territoire et ceux qui y vivent. La patrie est un ensemble de familles, de villages et de villes qui constitue un pays. C'est à la fois, sentimental et charnel; je dirais même, incarné. Le deuxième, à mon sens est davantage conceptuel et abstrait. La nation de mon point de vue, se confond avec le peuple comme une seule entité... Bref, ma préférence va vers la patrie, plutôt qu'à la nation. Et vous qu'en pensez-vous ?

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Des mots doux, d'autres un peu moins pourquoi pas . L'essentiel est de demeurer dans la bienséance qui sied aux gens bien élevés. Merci !