26 mai 2017

Quel avenir pour le Front National ?

J'aurais pu parler du PS ou des Républicains. Partis de gouvernement, battus dès le soir du premier tour, fait inouïe, depuis la création de la Ve république. J'aurais pu parler de la France Insoumise qui a fait un relatif bon score .

J'ai décidé d'évoquer le Front National. D'abord, parce que les médias, nous annonçaient un score élevé au second tour, aux alentours de 40% et certains pour nous (se ?) faire peur, une Marine Le Pen, élue présidente de la République.

Ce ne fut pas le cas. Elle ne fit que 33,9% des suffrages, avec quand même plus de 10 millions de voix. C'est deux fois plus que son père en 2002. D'ailleurs, on constate une croissance continue depuis 2011 à chaque élection. Pourtant, la mayonnaise ne prend pas.


A quoi est-ce dû ? Il y a d'abord eu le front républicain, qui bien qu'il n'ai pas eu l'ampleur de celui de 2002, a été bien présent. François Fillon, n'a t-il pas appelé au soir du second tour, à voter pour Emmanuel Macron ? Qui l'eut cru ? Ensuite, il y eu le débat télévisé raté de l'entre-deux tours, o`u Marine Le Pen, s'est suicidée en direct. Méconnaissance de ses dossiers, attaques tout azimut envers son adversaire. Aurait-elle voulu se saborder, qu'elle ne s'en serait pas prise autrement.

Après les Républicains et le Parti Socialiste qui sont au bord de l'implosion, le parti frontiste n'est pas mieux loti. Les adhérents et ses électeurs, commencent à demander des comptes à la direction. Certains cadres en coulisses, réclament même la tête de Marine Le Pen. Le départ (temporaire ?) de Marion Marechal-Le Pen et la création d'un courant "les patriotes" par Florian Philippot sont les symptômes d'un malaise au sein du parti. Par ailleurs, la collaboration avec le parti  Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan a volé en éclat, juste après la présidentielle. Pour les législatives, chaque formation politique, présentera ses propres candidats. Adieu, au moins pour l'instant, la création d'une grande union de la droite nationale.

Alors quel avenir pour le Front National ? Nul ne le sait. A court terme, il est en proie à des dissensions internes, entre une ligne MMLP (entendez la jeune Marion) et une ligne Philippot. Deux conceptions de l'Etat et de l'économie, pratiquement opposées. Pour la ligne Marion, le pragmatisme doit prendre le pas sur l'idéologie, en tout cas en économie. Partisane d'un état fort, identitaire et enraciné dans les valeurs judéo-chrétiennes, sans pour autant être jacobin, elle se situe dans la mouvance libérale-conservatrice. Libérale dans le domaine économique sans toutefois verser dans l'ultra-libéralisme et le mondialisme, elle est conservatrice sur le plan sociétal. Sa ligne privilégie notamment les PME et les TPE,  la baisse des impôts sur les sociétés, face aux grandes entreprises du CAC40. On pourrait appeler cela un capitalisme de proximité ou de grand-papa, sans que cela ne soit péjoratif.
La ligne Philippot, défend un état très centralisé, gaullien et après avoir soutenu Chevenement ce dernier a rallié le Front National en y apportant des idées de gauche. En économie, il est partisan  d'un état interventionniste, défenseur d'une sortie de l'euro et de l'Europe de Bruxelles. Ce qui n'est pas la priorité de la ligne Marion. Pour cette dernière, c'est l'identité  et la culture de la France qui est en jeu.
En résumé, il existe au sein du parti de Marine Le Pen, deux lignes, deux visions de l'Etat et de l'économie. Laquelle l'emportera ? Pour l'heure, c'est celle de Philippot, mais il est de plus en plus isolé au sein de son propre parti.  La priorité pour le moment, se sont les législatives mais il se pourrait qu'après celles-ci, les tensions se fassent plus visibles et au congrès d'octobre, une remise en cause de la ligne officielle pourrait voir le jour.

Le Front national peut il être une force d'opposition à Macron et à la République en marche ? J'en, doute fort pour le moment. Pour ce faire, il faudrait qu'il abandonne les vieilles lunes de la sortie de l'euro et qu'il s'allie avec l'aile droite des républicains (Guéno, Ciotti, Wauquiez...), le parti Debout la France, Le Mouvement pour la France et le PCD, en un grand mouvement de la droite "hors les murs", que certains appellent de leurs vœux.

Saura t-il  saisir l’opportunité  pour être le moteur d'un grand mouvement d'opposition ? L'avenir nous le dira !

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