19/05/2017

Quel royalisme pour le XXIe siècle ?

Vous avez dit, royalisme ? Quelle drôle d'idée ! Cela peut sembler anachronique en ce début de XXIe siècle. Je le concède. Et pourtant, je pense que c'est le mode de gouvernement le plus adéquat pour notre pays.

Commençons par définir ce qu'est le royalisme. Wikipédia, donne cette définition: le royalisme est une idée politique qui prône ou soutient la royauté, c'est-à-dire un régime politique dans lequel le chef d'une nation porte le titre de roi ou de reine, le plus souvent héréditaire , mais aussi méritoire ou électif. 

N'oublions pas qu'en Europe, dix monarchies existent:
- Le royaume de Belgique
- Le royaume de Danemark
- Le royaume d'Espagne
- Le Grand-Duché du Luxembourg
- La principauté du Lichtenstein
- La principauté de Monaco
- Le Royaume de Norvège
- Le Royaume de Suède
- Le Royaume des Pays-Bas
- Le Royaume Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.
Sans compter deux monarchies électives:
- Le Vatican
- La Principauté d'Andorre.

Alors pourquoi être royaliste en ce début du XXIe siècle ? D'abord, le roi (ou la reine), représente la nation. Il est le produit de son histoire. Comme il n'est pas élu, il est indépendant des partis et peut représenter le pays dans sa diversité, sans pour autant le diviser comme le fait notre république. Il (ou elle) incarne une continuité  entre passé, présent et avenir, ainsi qu'une forme de transcendance nécessaire à mon sens, à tout pouvoir politique.
Le roi (ou la reine), incarne l'unité du pays. Il a le temps pour lui, il n'est pas dans l'éphémère comme un simple président de la république.
Être royaliste, c'est un état d'esprit, une manière de vivre, avant d'être un système politique.

Après avoir énuméré les raisons d'être royaliste. Voyons maintenant, quelle pourrait être une royauté en France en ce XXIe siècle. Faisons un peu de politique-fiction.

Je crois d'abord et au risque de faire hurler les tenants de l'orthodoxie royaliste, que les fameuses lois fondamentales doivent être retoquées. Si elles ont fait la pérennité de la monarchie pendant des siècles, elles ne sont pas forcement adaptées à notre monde moderne. Il ne faut pas oublier qu'elles ne sont pas intangibles et qu'elles sont apparues lors de crises institutionnelles. Elles sont faites pour s'adapter aux circonstances qu'elles rencontrent.
Prenons la règle de masculinité. Elle est apparue à un moment particulier de notre histoire. C'était au temps de la féodalité.
Quand Jean Ier dit le posthume meurt, c'est la première fois depuis l'accession d'Hugues Capet que la succession de père en fils est interrompue. Les États-Généraux de 1317, sont convoqués pour discuter de la question. Jeanne, fille aînée de Louis X le Hutin, devrait en toute logique,succéder à son frère défunt, mais différentes raisons, dont celle d'être une femme, fait qu'elle est écartée du trône au profit de son oncle Philippe, qui régnera sous le nom de Philippe V, le long.
Pourtant à cette époque, les grands feudataires pouvaient être une femme. Qu'on pense à Marguerite d'Artois, plus connue par son surnom de Mahaut. Personnage qui a été popularisé par les "rois maudits" de Maurice Druon et à la télévision.
Philippe V, n'aura que des filles, c'est son frère Charles IV qui devient roi. Le principe de masculinité est ainsi admis.
Aujourd'hui, certaines monarchies  sont aux mains de souveraines. L'Espagne, elle-même qui tenait à la loi salique ou semi-salique, abonne cette loi, depuis que le roi actuel n'a que des filles, qui après lui régneront, en tout cas, l'aînée.
Il va sans dire, que votre serviteur, ne verrait aucun inconvénient à ce qu'une femme puisse régner sur le trône de France. Par le passé, de grandes reines ont gouverné leur pays. Que l'on pense à Elizabeth I en Angleterre et à la grande Catherine en Russie ou plus près de nous, la Grande-Duchesse Charlotte du Luxembourg.
Cette loi de masculinité pourrait donc évoluer dans une future restauration ou instauration. Pour le reste, dans l'immédiat on pourrait conserver l'essentiel de ces lois. Certains pourraient m'objecter que si l'on commence à intervenir dans les Lois Fondamentales, pourquoi ne pas s'arrêter là? Il est vrai, mais à l'heure de le parité, il serait difficile de conserver la loi de masculinité stricte; d'autant que les règles communautaires exigent l'égalité homme/femme dans la sphère publique. D'ailleurs la plupart des monarchies européennes se sont mises en règle. Une maison non régnante, celle des Deux-Siciles a abrogé l'an passé la loi salique.

Quant aux institutions, quels pourraient être les contours d'une nouvelle royauté ?
Le roi ou la reine conserveraient le régalien en partage avec le gouvernement. La dispute serait l'apanage du parlement. En ce qui concerne le pouvoir législatif, ne pourrait-on pas diminuer le nombre des parlementaires ? Pour l'anecdote, la France a plus de députés que les États-Unis d'Amérique. Nous pourrions également en venir à un système monocaméral; une seule assemblée comme l'a fait la Norvège. Si l'on veut conserver le Sénat, il pourrait fusionner avec le Conseil Économique et Social et représenter non plus les partis politiques mais les différentes catégories socio-professionnelles de notre pays.

Le souverain, serait également le garant de l'indépendance de la magistrature.

Venons-en aux territoires. La commune et les provinces historiques en seraient les piliers. Les départements pourraient être conservés, mais pas nécessairement. Il faudrait aussi en finir avec le jacobinisme qui étouffe les libertés, dont un historien, disait que l'Ancien-Régime en était hérissé.
Autorité en haut (roi et gouvernement) et libertés en bas (provinces et communes), comme le disait le vieil adage. Une véritable décentralisation, ferait place à la centralisation du pouvoir qui a atteint son apogée à la révolution et l'Empire. Il serait nécessaire de retrouver le principe de subsidiarité. Laisser les niveaux inférieurs s'occuper d'eux-mêmes et lorsque ceux-ci ont des difficultés pour y arriver, alors les niveaux supérieurs peuvent intervenir et seulement à cette occasion.

En ce qui concerne d'autres sujets, comme le drapeau, l'hymne national ou encore la fête nationale, ce sera aux parlementaires et/ou aux français par référendum à trancher la question. Pour l'heure, il n'est pas question d'extrapoler.

Le roi et la religion. Dans l'ancienne France, le roi était sacré et le sacre faisait de ce dernier un personnage presque divin. Il était le lieu-tenant du Christ en royaume de France. Voir toute la geste de Clovis et St Rémi mais aussi et surtout l'épopée de Ste Jeanne d'Arc.
Qu'en serait-il de nos jours en cas de restauration ? Nous vivons dans un pays qui depuis plus de quarante ans, connaît une forte immigration de confession notamment musulmane. De plus, nous sommes confrontés depuis la même période à une déchristianisation sans précédent. Le roi qui viendrait, serait celui de tous les français, quelqu'ils soient (hommes, femmes, pauvres, riches, de différentes confessions ou sans, d'orientation sexuelle divers...). Nous ne vivons plus dans un Ancien Régime plus ou moins idéalisé, qu'on le veuille ou non.
Si le roi sera catholique pour symboliser les racines de notre nation, il devra garantir la liberté de conscience et religieuse à ses sujets. Et le sacre, me direz-vous ? Là aussi, il faudra du temps peut-être. Le Royaume Uni a conservé beaucoup de traditions dont le sacre, jusqu'à la reine Élisabeth II. Il n'est pas sûr que le suivant (le prince Charles ou son fils William) suive cette tradition. Dans les monarchies du nord de l'Europe, à Monaco et en Belgique, une simple célébration religieuse, inaugure le règne d'un nouveau souverain. Pareil pour le Vatican qui a supprimé le couronnement du nouveau pape, depuis la mort de Paul VI. En Espagne, le roi prête serment devant les Cortés.
Il est fort probable, du moins dans l'immédiat que le futur roi de France, ne soit pas sacré comme le furent ses ancêtres.

Voilà ce à quoi pourrait ressembler un royalisme en France au XXIe siècle. Bien sûr, cet article ne se veut pas exhaustif, loin de là. Cela mériterait un livre,mais cela donne néanmoins une certaine idée de ce que cela pourrait être.

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