30/05/2017

Un tapis rouge pour Poutine

J'aurais pu intituler ce billet: "Quand le régent  rencontre Pierre Le Grand". En effet, le président Emmanuel Macron a accueilli son homologue russe à Versailles...ou plus exactement au Grand Trianon, dans le cadre d'une exposition pour le tricentenaire des relations diplomatiques entre la France et la Russie, initiée par le tsar Pierre le Grand. Cette entrevue entre les deux hommes, avait pour but de dégeler les relations qui avaient été quelques peu refroidies par notre ancien président François Hollande. Sur la table, ont été évoqués les sujets qui fâchent: la Syrie et l'Ukraine.

Gageons que le cadre prestigieux de Versailles a eu une influence positive sur nos deux hommes qui ont pu aborder plus tranquillement ces sujets avec tact et diplomatie.


Pendant plus d'une heure , nos deux chefs d'Etat se sont entretenus de concert . A leur sortie, ils ont organisé une conférence de presse où chacun a pu s'exprimer sur différents points, dont les épineux dossiers syriens et ukrainiens. Mais avant d'aborder ces thèmes, le président de la république française s'est lancé dans une évocation de la culture de la grande Russie à travers sa littérature, ses tsars... Pierre Le Grand est le symbole de cette Russie qui veut s'ouvrir à l'Europe et qui veut en tirer tout ce qu'elle a de grand et de fort"Ça nous change des incultes qui nous ont servis de président pendant dix ans. En retour, le président russe a parlé des relations entre nos deux pays qu'il ne faisait pas remonter qu'à Pierre le Grand mais bien avant, lorsque Anne de Kiev épousa le roi Henri Ier, ayant ainsi contribué à la perpétuation de la dynastie capétienne. Évoquant non sans malice, les liens qui unissent la Russie et l'Ukraine depuis des lustres. Comme royaliste, je n'ai pu que jubiler. Aurions-nous entendu pareil discours, il y a seulement quelques années auparavant ?

Les différents médias présents ont tous remarqué l'aisance du président Macron face au chef de l'Etat russe. Il nous l'a montré lors de sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel,  puis ce fût la semaine dernière au sommet du G7 et notamment sa rencontre avec le président américain Donald Trump. Aujourd'hui face à Vladimir Poutine il a su faire montre de hauteur et de détermination sans pour autant humilier son hôte.

Décidément Emmanuel Macron nous surprend tous les jours. Il est loin d'être un président normal comme l'aimait l'être son prédécesseur. Avec lui la fonction présidentielle a retrouvé un certain lustre qui lui faisait défaut depuis bien longtemps. Le royaliste que je suis ne peut que s'en réjouir.  Nous verrons si le temps et les dossiers chauds qui l'attendent auront raison ou non de sa stature à la de Gaulle .

Pour l'heure,  devant la presse réunie dans la salle des armées du château de Versailles,  notre président à pu évoquer outre les dossiers que l'on attendait mais aussi des thématiques qui n'étaient pas faciles comme la question des droits de l'homme et l'intervention de réseaux proches du Kremlin  pendant la campagne présidentielle. Le président russe l'a écouté un peu mal à l'aise, peut-être dû à la chaleur et à la grandeur des lieux ou des deux à la fois.

Après la conférence de presse terminée, les deux hommes se sont rendus à l'exposition consacrée au troisième centenaire des relations diplomatiques entre notre pays et la Russie.

Que restera t'il de cette rencontre ? L'avenir nous le dira.  Néanmoins il est heureux que notre diplomatie redevienne pragmatique et moins idéologique comme elle le fût sous les deux derniers quinquennats. Il est important de renouer avec la Russie,  n'en déplaise aux pinces-vinaigre de tous poils. Non seulement c'est un grand pays, mais pour régler le problème syrien, nous ne pouvons pas faire l'impasse d'une certaine alliance. De même que nous ne pouvons pas comprendre ce qu'il se passe au Moyen-Orient, sans parler avec les russes.  Ils connaissent cette région du monde mieux que nous, depuis au moins le XIXe siècle.  Ce sont notamment les protecteurs des chrétiens d'Orient, après que nous les ayons abandonnés, au grand dam des populations locales.

Il est grand temps de changer de politique geo-stratégique avec une Europe incluant le grand frère russe et laissons de côté les sanctions économiques qui pénalisent les exportations, notamment françaises. Puisque Macron se veut gaullien, qu'il aille jusqu'au bout, puisque "le Grand Charles", disait que "l'Europe allait de l'Atlantique à l’Oural".

Alors, oui de mon point de vue,  le tapis rouge et Versailles étaient mérités pour accueillir Vladimir Poutine !

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