7 juin 2017

Ici le 15, j'écoute !


Aux urgences, veille de la Pentecôte. Quelques cris, quelques gémissements, rompent le silence. Allongé sur un lit, dans un couloir sans âme...J'attends !
Le soulagement, enfin quand un interne arrive et m’ausculte.

"Faites ah" me dit-il. Ce que je fais sans rechigner. Après tout c'est lui le doc.
"Vous avez une langue bien chargée". Je vais dire à une infirmière de venir vous faire des prises de sang. Patientez encore un peu". Comme si je pouvais faire autrement.

Après un temps qui me semble interminable, une femme en blouse blanche arrive, armée d'une seringue. Je ne sens rien, c'est une pro de la gâchette de l'aiguille.
J'attends encore. Il est 21h. Ça fait plus de quatre heures que je suis dans ce service depuis mon arrivée en fin d'après-midi.


L'interne arrive de nouveau et me dis que les premières analyses ne sont pas bonnes." Vous avez de la fièvre et nous sommes à la veille d'un long week-end. Je ne prends pas le risque de vous renvoyer chez vous. Je vous hospitalise." Mince et moi qui avait des projets. Déjeuners chez des amis et de la famille, le dimanche et le lundi. Tout ça est tombé à l'eau, mais bon, il faut se rendre à l'évidence avec près de 40° de fièvre, il ne serait pas prudent de refuser l'invitation qui m'est faite.

Encore un peu de temps et un aide-soignant, vient me chercher pour m'emmener dans le service qui m'est destiné. Je suis en chambre double auprès d'un homme, la soixantaine bien sonnée.

Je fais la connaissance du personnel de nuit. Disponible et aimable. L'infirmière à la plaisanterie facile, comme pour rendre l'endroit moins oppressant. La nuit a été courte, peu dormi et réveillé vers 7h pour les premières prises de sang, température et tension.
" Vous avez une petite tension", me dit l'infirmière."Il va falloir remonter tout ça."
Vers 8h, c'est le petit-déjeuner. Très frugal, puisque j'ai un régime particulier. Tout ça pour vous dire qu'on ne dort pas beaucoup à l'hôpital.

C'est à cette heure, que l'équipe de jour succède à celle de nuit. "Le médecin de garde viendra vous voir en fin de matinée, pour faire le point".

Après le déjeuner, il arrive en s'excusant de son retard. "Bon on ne sait pas encore grand chose, à ce stade. Les analyses sont parties, mais nous sommes un long week-end. Il faudra attendre encore". Je ne fais que ça d'attendre; Que pourrais-je faire d'autre, d'ailleurs ?

Dans l'après-midi, c'est un bal d'infirmières et d'aide-soignantes qui se succèdent, me demandant comment je me sens et si j'ai besoin de quelque chose. Je n'ai pas à me plaindre. Si je n'avais pas cette saloperie, je suis vraiment traité comme un coq en pâte.

Entre les visites agréables du personnel soignant, je dors beaucoup. Mon voisin de chambre est bien calme. Ma deuxième nuit s'annonce beaucoup moins agitée. j'ai mieux dormi.

Le lendemain, même rituel: réveil avec prise de sang, médocs, petit-déjeuner, etc... Je n'ai plus de fièvre et mes diarrhées sont moins fréquentes. En fin de matinée, le doc arrive et me dit: "on a pas tous les résultats, mais il semble que vous ayez fait un infection virale et la fonction rénale, n'est pas très bonne, donc si vous ne voulez pas qu'on vous pose une perf, il faut boire beaucoup. Je vais vous prescrire de l'eau pétillante d'une célèbre ville thermale".

Au fil des heures, ma santé s'améliore et il est décidé que je puisse sortir mardi dans l'après-midi, avec un traitement médicamenteux et diététique adéquat. 

Voilà, comment j'ai pu découvrir en quelques jours, le monde fantastique des urgences et du monde hospitalier. J'y ai découvert, le dévouement, la disponibilité du personnel, mais aussi les carences et les failles du système de l'hôpital public.

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