12/06/2017

Pour un conservatisme à la française ( IIe partie)

...Pendant un demi-siècle, le conservatisme va disparaître de la scène politique. La "droite" abandonne la nation et le combat pour les valeurs pour se cantonner à la gestion purement économique. La gauche, abandonne quant à elle, les classes dites populaires  au profit d'une défense des droits individuels et des minorités sur les conseils de son think thank "Terra Nova". L'une et l'autre s'étant ralliées au libéralisme économique, laissent à d'autres formes politiques et la défense de la nation et du combat des valeurs, mais aussi celui du social, comme le Front National, par exemple. Néanmoins, quelques intellectuels feront tout pour que la flamme ne s'éteigne pas. Qu'on pense à un Bertrand de Jouvenel (1903-1987), Raymond Aron (1905-1983) et Julien Freund (1921-1993).

Aujourd'hui des personnalités aussi diverses qu'un Alain Finkielkraut, Eric Zemmour ou encore une Natacha Polony, peuvent être considérées comme néo-conservatrices. Malgré cela, ça ne se traduit pas dans le domaine politique. En tout cas, pas encore. Notre droite, la plus bête du monde se voulant toujours plus moderne court après le train du progressisme, ignorant que son électorat et le peuple dans son ensemble est toujours, lui, conservateur, d'où le décalage profond entre " la France d'en haut" et celle "d'en bas".

L’élection de mai dernier avec Emmanuel Macron a rebattu les cartes. En effet, les vieux partis traditionnels ont été éliminés dès le premier tour. Fait inouïe, sous la Ve république. Avec son ni droite-ni gauche, il a séduit des électeurs, qui en ont eu marre d'une alternance de papier, ou c'était blanc bonnet et bonnet blanc, pendant près de cinquante ans. 

Le mérite de cette élection et il y en a au moins une, c'est que nous allons assister à une clarification politique. L'aile gauche de la droite et l'aile droite de la gauche, vont rejoindre la majorité présidentielle. Il y aura sans aucun doute, de la place pour reconstruire une vraie droite et une vraie gauche; en tout cas, c'est mon souhait.

Il est vrai qu'à l'heure actuelle, il est bien difficile de voir poindre à l'horizon, un semblant de renouveau du conservatisme dans notre pays.

A la suite de la loi Taubira, comme je le mentionnais dans la première partie de mon billet, une génération s'est levée pour exprimer son refus face à un tel changement anthropologique, face à une classe médiatico-politique, médusée, de voir qu'il existait encore en France, des gens pour refuser les idéaux de mai 68, érigés en dogme par la bien-pensance. Certains de ces jeunes et moins jeunes, ont voulu mettre leurs valeurs au service de la cité et se sont engagés en politique. Plusieurs partis en ont bénéficiés. Sens commun, est né à ce moment et a intégré les républicains.

On dit souvent que le peuple français est à droite, pendant que ses dirigeants (quelqu'ils soient) sont à gauche. C'est ce peuple qui a porté à la victoire des primaires, François Fillon avec un score des plus honorable. Il aura fallu les affaires que l'on sait pour que la droite aille à la catastrophe. La déception fut grande dans son camp et notamment à Sens commun qui l'avait porté à bout de bras contre vents et marées. Si on analyse de plus près la défaite de Fillon, il n'y a pas que les affaires qui ont joué. Malgré un socle solide sur les vraies valeurs de droite: patriotisme, liberté d'entreprendre, sécurité et identité, défense des valeurs familiales et culturelles, il n'a pas su attirer les classes populaires. Son ultra-libéralisme et sa défense des entreprises du CAC40, les ont effrayées. Cette catégorie dite populaire, s'est détournée de la gauche des bobos et de la droite classique (dont c'était pourtant l'électorat habituel) pour se tourner vers le Front National, qui à tort ou à raison, semble les représenter.

Aujourd'hui le paysage politique français est en miettes. La gauche de gouvernement n'existe pratiquement plus. Quant à la droite, ce n'est guère mieux. De ses cendres, pourrait naître un grand courant conservateur à l'anglaise ou à l'américaine ? Le Front National, comme je l'ai déjà dit ici ne peut jouer ce rôle, tant il est empêtré dans ses contractions internes, entre une ligne nationale-bolchevique, représenté par Philippot et ses amis et une ligne plus libérale-conservatrice, représentée par Marion Maréchal-Le Pen, qui malheureusement a claqué la porte du parti et qui aurait pu regrouper des personnalités aussi diverses et variées que Laurent Wauquiez, Henri Guaino et d'autres encore de la droite dite "hors les murs". Malheureusement et nos ennemis sont contents, comme je l'ai exprimé dans un autre billet, l'esprit gaulois et la guerre des chefs, ont raison de cette unité tant désirée.

L'avenir nous dira si un conservatisme à la française peut renaître de ses cendres ou sombrer dans les oubliettes de l'Histoire.

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