13/07/2017

Un déjeuner à la campagne

Un dimanche bien ordinaire. Déjeuner chez des amis et pourtant l'amitié peut-elle être ordinaire. On dit qu'elle est le bien le plus précieux en ce bas monde.

Après les salutations d'usage, on remet à l'hôtesse de la maison, une bouteille de vin, un bouquet de fleurs. Il paraît que c'est incongru, selon la baronne de Rothschild. Et pourtant c'est ce que j'ai toujours fait et mes hôtes, ne s'en sont jamais offusqués.  Peut-être ont-ils plus de savoir-vivre que moi ?

Il fait beau et nous avons la chance de déjeuner dans le jardin, à l'ombre d'un vieux marronnier qui s'il pouvait parler, nous raconterait des tas d'histoires. La table est recouverte d'une nappe si légère, qu'on dirait qu'elle est faite de vent. L'argenterie est de sortie, malgré le côté champêtre des agapes.

On nous fait signe de nous asseoir. Ce que nous faisons. Il y a des gens qui le sont déjà. Parmi eux, nous en connaissons, certains et commençons la conversation. La table n'est pas tout à fait remplie. Il nous faut attendre les retardataires.

Les enfants, tels des chiens fous, sont difficiles à retenir. Ils jouent dans le jardin, insensibles à nos voix.

Le temps est idéal, il ne fait pas trop chaud et un petit air frais, caresse nos joues, comme les mains d'un amante le ferait pour son bien-aimé. Le déjeuner peut commencer. Nous sommes prêts.

Notre hôtesse apporte l’appétitif : coupe de champagne, accompagnée ou non de crème de je ne sais quel fruit, verrines, toasts, canapés... Les rires fusent ça et là de la table. Les enfants courent toujours dans le jardin, résistants aux appels à venir avec les convives. Ne l'avons-nous pas été, nous aussi, lorsque l'enfance luttait à l'appel de l'adulte qui émergeait en nous ?

Les conversations badines se prêtes bien à la situation, les éclats de rires, aussi.

Comme c'est l'été, les salades composées ont remplacé des plats plus généreux. Ça fait d'ailleurs un curieux mélange. L'argenterie de famille, avec une salade piémontaise, de riz au thon, ou encore de poulet froid avec salade verte. C'est comme si les "gens de la haute", fricotaient avec le "bas peuple".

Le repas terminé, les enfants comme des abeilles attirées par le nectar des fleurs, affluent vers la table. On se demande bien pourquoi. Un silence religieux, les enveloppe. On ne les entend plus. Puis, l'arrivée de la maîtresse de maison, avec le dessert, répond à nos questions. Elle apporte, tel un trophée sportif, un fraisier, joli par l'apparence, en attendant de dire, s'il est délicieux par le goût. Le silence s'est également emparé des adultes. Peut-être qu'avec le sucré, ils ont retrouvé leur âme d'enfant ? On entend seulement le bruit des cuillères  et des "ah", "hum", "c'est vraiment bon"... On a perdu les enfants. comme leurs aînés, ils dégustent avec délectation le dessert.

Une nouvelle coupe de champagne pour terminer le repas, signe l'arrêt des festivités. Certains continueront à badiner sous le marronnier, quand d'autres, plus pressés, prendront congés de leurs hôtes. C'est comme ça, que c'est passé ce déjeuner à la campagne. Il ne nous en reste plus, que des souvenirs et une certaine nostalgie en l'évoquant.


4 commentaires:

  1. Un repas qui a l'air de t'avoir plus emballé que le mien...
    En général, 'est ce que j'aime l'été. (A part l'argenterie ^^)
    Bises étoilées
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Un repas imaginaire tout simplement. Peut-être m'aurait-il ennuyé comme le tien. Qui sait ?
      Bises à toi aussi.

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  2. J'aimerais quand même bien savoir comment était le vin pendant le repas? ;-) Parce que boire du champagne avec de la salade, cela ne me paraît pas très approprié. ;-) Bises alpines du milieu de journée.

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    1. Eh oui, vous avez raison, ma mémoire a oublié le vin. Peut-être n'était-il pas aussi bon que cela. Peut-être un rosé. Sans aucun doute. Quant au champagne, il était réservé à l'apéritif et au désert.

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Des mots doux, d'autres amers. Pourquoi pas. L'essentiel est de demeurer dans la bienséance qui sied aux gens bien élevés. Merci !