16/10/2017

In memoriam




Une reine
sa tête sur l'échafaud
in memoriam


Un haïku pour commémorer la mort, voir le martyr, d'une femme, d'une reine en ce 16 octobre. Il s'agit de la reine Marie-Antoinette (1755-1793), qui fut guillotinée sur la place de la révolution, anciennement place Louis XV, aujourd'hui, place de la Concorde.

Nous sommes des latins et en tant que tels, nous ne faisons jamais dans la dentelle. Les pays anglo-saxons et scandinaves ont fait leur révolution en douceur et avec pragmatisme. Aujourd'hui, ils sont toujours en monarchie. On peut le regretter (en ce qui me concerne, je le regrette) mais c'est ainsi. On ne revient pas sur le passé, mais on peut intervenir sur le présent, afin de changer le futur.

Madame, que votre âme, repose en paix, auprès de votre royal époux et de vos charmants enfants et s'il vous reste encore un peu de temps, puissiez-vous intercéder pour notre pauvre pays, qui marche sans tête, depuis.

ADDENDUM:

Le 16 octobre 1793, à 4H30 du matin, soit 8 heures avant son exécution, la Reine rédige sa dernière lettre, à l’adresse de la sœur de Louis XVI, Marie-Elisabeth. Ce sera son testament.:

«C’est à vous, ma sœur, que j’écris pour la dernière fois : je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants : vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse! J’ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas! la pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eus deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer : que les principes et l’exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur. Que ma fille sente qu’à l’âge qu’elle a elle doit toujours aider son frère par des conseils que l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer; que mon fils, à son tour, rende a sa sœur tous les soins, les services que l’amitié peut inspirer ; qu’ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu’ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation; et dans le bonheur on jouit doublement, quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n’oublie jamais, les derniers mots de son père, que je lui répète expressément :  » qu’il ne cherche jamais à venger notre mort. » J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l’âge qu’il a, et combien il est facile de l’aire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas : un jour viendra, j’espère, où il ne, sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore, mes dernières pensées; J’aurais voulu les, écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps. Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée ; n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s’ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis; l’idée d’en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j’emporte en mourant ; qu’ils sachent, du moins, que, jusqu’à mon dernier moment, j’ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur; puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfans : mon Dieu ! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu, je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger*. » 

*[Quand la reine écrit qu'elle ne veut pas l'appui spirituel d'un prêtre-elle si catholique- c'est qu'à l'époque, il y avait les prêtres réfractaires qui avaient refusé de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé qui créait une Eglise nationale séparée de Rome et de l'autre côté, il y avait les prêtres jureurs qui avaient accepté de prêter serment à la dite constitution et c'est de ces derniers, dont parle la reine.]

6 commentaires:

  1. Réponses
    1. Je ne vous le fais pas dire, d'autant que cette malheureuse a été condamnée sur des mensonges et des calomnies. Ce n'était pas une sainte, mais elle n'était pas non plus, la louve que les révolutionnaire se sont plus à dépeindre.

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  2. Merci pour cette approche d'un événement historique. De memoire, cette personne fut exécutée pour un symbole, celui d'éradiquer la royauté, les nantis... La guillotine était finalement magnanime, puisque la souffrance était brève... Dans les royaumes que vous citez, il y a aussi eu des exécutions pour le symbole... Je me souviens que l'époque se désolait de la rapidité d'exécution, privant le peuple de spectacle plus long et plus horrible...
    Quand au bilan il est inchangé. La royauté est toujours là, sous d'autres noms ; les nantis le sont toujours aussi... ainsi que l'effet de meute.
    Rien n'a changé en fait ; rien...
    ;-)

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    1. Vous faites allusion à l’exécution de Charles Ier d'Angleterre mais ensuite ce pays su évoluer pacifiquement vers une monarchie parlementaire. De même pour les autres. Savez-vous que la France était le pays le plus riche d'Europe sous Louis XVI ?
      Pour la dernière partie de votre analyse, je suis moins d'accord avec vous. Nous sommes en monarchie républicaine, ce qui n'a rien à voir avec celles qui existent actuellement.
      Bonne journée à vous !

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Des mots doux, d'autres amers. Pourquoi pas. L'essentiel est de demeurer dans la bienséance qui sied aux gens bien élevés. Merci !